Un salarié sans formation obligatoire, c’est un risque qui plane sur l’entreprise, bien plus qu’une simple ligne dans le Code du travail. La législation n’a rien d’une formalité administrative : elle pose les bases d’un engagement concret de l’employeur envers le développement professionnel des salariés. Les obligations sont claires, structurées, et la loi ne laisse aucun doute sur la nécessité d’investir dans les compétences, pour garantir l’employabilité, mais aussi l’agilité face aux mutations du marché.
Proposer des formations adaptées, ce n’est pas seulement cocher une case une fois par an. L’employeur doit anticiper, ajuster, dialoguer. L’entretien professionnel, organisé tous les deux ans, devient alors un point de passage obligé : un temps d’échange où l’avenir du salarié se discute, où ses envies et ses besoins de formation sont entendus. Ce dialogue n’a rien d’anodin, il façonne le parcours de chacun.
Les formations obligatoires pour les salariés
Pour que chacun puisse suivre l’évolution de son métier et garder la main, certaines formations ne sont tout simplement pas négociables. En première ligne, la sécurité et la santé au travail : protéger les équipes revient à réduire concrètement les accidents et les risques quotidiens. Impossible d’y couper.
À cela s’ajoute une autre exigence : mettre en place un plan de développement des compétences qui décrit précisément les possibilités de formation accessibles à chaque collaborateur. Ce plan, prévu par le Code du travail, structure la démarche pour ne laisser aucun besoin de côté.
Sur le volet financier, la règle est limpide : l’entreprise doit réserver un pourcentage défini de sa masse salariale à la formation continue. Ce principe oblige à inscrire la progression professionnelle sur la durée.
Différents instruments permettent de structurer et matérialiser cet engagement :
- Plan de développement des compétences : il liste les formations et précise leur organisation pour chaque salarié.
- Document unique d’évaluation des risques (DUERP) : il permet d’identifier les dangers propres à l’activité pour adapter la formation à la réalité du terrain.
La formation n’est jamais un simple fardeau réglementaire. C’est un levier d’avance, qui nourrit la compétitivité et stimule la capacité de rebond de l’entreprise. Prendre ses responsabilités en la matière, c’est garantir aux équipes un environnement où la protection et la montée en compétence sont des priorités réelles.
Les droits des salariés en matière de formation non obligatoire
Difficile d’attendre passivement que l’initiative vienne toujours d’en haut. Les salariés disposent eux aussi de plusieurs droits pour faire évoluer leur parcours. Le compte personnel de formation (CPF) en est un exemple frappant : d’année en année, chacun accumule des droits utilisables pour financer des modules qualifiants, sans passer par une validation de la hiérarchie.
Autre possibilité, le projet de transition professionnelle, véritable tremplin pour qui veut s’engager dans une nouvelle voie ou approfondir son expertise. Cet outil, successeur du CIF, permet à chacun de piloter sa reconversion ou de viser un nouveau palier de compétence.
La validation des acquis de l’expérience (VAE) offre un point d’entrée supplémentaire. Ici, l’expérience concrète acquise sur le terrain peut aboutir à l’obtention d’un diplôme ou d’une certification officielle, sans retour obligé sur les bancs de l’école.
Enfin, la reconversion ou promotion par alternance (Pro-A) cible tout particulièrement les salariés n’ayant pas de diplôme élevé. Elle combine période de formation et continuité de l’activité professionnelle, permettant d’acquérir de nouveaux savoirs sans quitter son poste d’origine.
Pour y voir plus clair, voici un résumé des leviers à disposition pour suivre son chemin :
- Compte personnel de formation (CPF) : chaque salarié engrange des heures de formation qu’il mobilise selon ses envies.
- Projet de transition professionnelle : une solution pour financer un cursus certifiant et rebondir.
- Validation des acquis de l’expérience (VAE) : transformer l’expérience du terrain en diplôme ou en titre officiel.
- Reconversion ou promotion par alternance (Pro-A) : outil conçu pour permettre aux moins qualifiés d’accéder à de nouvelles compétences.
L’employeur ne doit pas rester simple spectateur. Il est attendu sur la capacité à faire circuler l’information, faciliter l’accès aux dispositifs, soutenir les projets personnels. Des collaborateurs valorisés pour leur envie d’apprendre, c’est toute une entreprise qui gagne en dynamisme.
Les obligations financières de l’employeur en matière de formation
Côté budget, la place laissée au hasard est parfaitement nulle. La loi impose à l’employeur de consacrer une portion déterminée de la masse salariale à la formation professionnelle continue. Impossible de passer outre.
Le plan de développement des compétences illustre cette rigueur : il fixe les axes de formation et engage l’entreprise, en mettant noir sur blanc les moyens à accorder à chaque action de montée en compétence.
La taxe d’apprentissage
S’ajoute enfin la taxe d’apprentissage, à régler chaque année. Ce prélèvement ne sert pas uniquement l’apprentissage au sens strict du terme : il contribue à alimenter les filières technologiques et professionnelles, créant de véritables passerelles avec le monde éducatif. Cette taxe, souvent vue comme une contrainte, rapproche pourtant concret du terrain et préparation des futurs professionnels.
Omettre ces investissements ouvre la porte à des suites immédiates : redressements fiscaux, sanctions financières, voire remises en cause de l’engagement social de l’entreprise. Quand la question de la formation surgit, c’est à la vitalité et à la crédibilité de l’organisation que l’on touche.
Retenons les contributions qui entrent directement en jeu :
- Financement de la formation professionnelle continue : la part du budget dédiée est précisément encadrée par la loi.
- Plan de développement des compétences : document stratégique pour suivre, organiser et piloter les actions de formation.
- Taxe d’apprentissage : ressource affectée au développement des compétences dans l’ensemble du tissu économique et éducatif.
Les sanctions en cas de non-respect des obligations de formation
Délaisser ses engagements sur la formation professionnelle expose à des sanctions qui ne se limitent pas à une ligne sur un avis de redressement. Depuis la loi Avenir professionnel, le contexte s’est nettement durci : le manquement ne passe plus sous silence. Les pénalités prévues pour défaut de paiement de la taxe d’apprentissage ou absence de contribution à la formation tombent sans délai, et les Prud’hommes peuvent rapidement être saisis lorsque les droits sont ignorés.
Les conséquences pour l’entreprise
Ici, la sanction financière n’est qu’un début. Ne pas respecter ses obligations met en péril l’équilibre des compétences, avec une équipe moins qualifiée, potentiellement démotivée, une image écornée auprès de candidats, clients et partenaires. Fidéliser les talents devient alors une lutte permanente, et attirer de nouveaux profils se complique.
En résumé, les conséquences à garder à l’esprit sont multiples :
- Pénalités financières : toute omission de contribution est sanctionnée.
- Intervention des Prud’hommes : les litiges trouvent rapidement une issue juridique si un salarié s’estime lésé.
- Image de l’entreprise : un manque de formation impacte durablement l’attractivité et la réputation.
- Déficit de compétences : le développement de l’entreprise se retrouve freiné par des équipes insuffisamment formées.
Former ses équipes, c’est garder une longueur d’avance. Pour l’employeur comme pour les salariés, cet engagement trace la frontière entre vivacité collective et inertie subie. Les choix faits aujourd’hui décideront de la compétitivité de demain.


